Prendre soin des aidants naturels

 

Prendre soin des aidants naturels

Il n’y a pas de définition unique pour décrire les aidants naturels — ce sont des conjoints, des enfants adultes, des amis ou des voisins qui prennent soin d’un être cher, par exemple en lui offrant du soutien affectif, en gérant sa médication ou en l’aidant à s’habiller ou se nourrir. Ces personnes sont d’une grande valeur tant pour les gens qu’elles soignent que pour le réseau de la santé, mais souvent à grands risques pour elles-mêmes. En effet, une étude de 2010 a révélé que une personne sur six offrant des soins informels à un aîné éprouve de la détresse, et celles prenant soin d’une personne souffrant de troubles cognitifs modérés à graves — démence ou maladie d’Alzheimer, p. ex. — sont encore plus à risque.

Or, étant donné le vieillissement de la population et les pressions exercées sur le réseau de la santé, il est clair que nous avons besoin d’aidants naturels en bonne santé et bien informés pour offrir le soutien essentiel dont ont besoin tant de Canadiens. Mais comment nous assurer que ces aidants ne deviendront pas les patients de demain?

Les études démontrent que plusieurs facteurs affecteraient le bien-être des proches aidants, dont les suivants :

Les connaissances — Les aidants naturels qui sont bien informés tout au long de leur parcours se sentent plus confiants, plus habiles. De déclarer une participante à une étude réalisée en 2010, dans l’Ouest canadien : « Nous ne connaissons rien à tout ça; nous savons quoi faire dans les autres facettes de notre vie, mais nous ne savons rien du système médical ». Or, la communication avec la personne soignée et l’équipe traitante contribue considérablement à la bonne santé et au bien-être d’un aidant naturel.

L’expérience avec les prestataires de soins — Lorsque les aidants et les professionnels de la santé établissent de bonnes relations de travail, les soins sont de meilleure qualité, la prestation est plus efficace, et la demande en services inappropriés diminue. Et pour les aidants, de telles relations procurent un sentiment de « sécurité » qui améliore leur capacité à composer avec leur situation, et les aide à mieux comprendre leur rôle dans la prestation des soins.

Le bon type de soins — Un récent atelier interprofessionnel pilote destiné à des prestataires de soins directs et offert dans une maison de soins en Colombie-Britannique a permis d’explorer l’intégration de l’approche palliative aux soins prodigués aux résidants souffrant de démence. L’atelier de quatre heures était structuré de façon à promouvoir la réflexion critique et à faire comprendre aux participants que les gens souffrant de démence et leur famille ont besoin de soins palliatifs bien avant les derniers jours de vie.

Les proches aidants sont clairement des contributeurs essentiels dans notre réseau de la santé, mais pourtant, trop de lacunes existent toujours au chapitre des outils, des services, de la sensibilisation et de l’application du savoir. Si nous voulons être en mesure de surmonter la crise de la santé qui s’annonce en raison du vieillissement de la population, nous devons continuer de chercher des façons pour mieux prendre soin non seulement des patients, mais aussi de ceux qui les soignent.

Dre Kelli Stajduhar est professeure agrégée à l’école de sciences infirmières et au centre sur le vieillissement de l’Université de Victoria. Elle dirige présentement une recherche internationale concertée sur les aidants naturels à laquelle participent des chercheurs du Royaume-Uni et de l’Australie. En 2010, elle a reçu le prix Anselm Strauss du National Council on Family Relations, aux États-Unis, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la recherche sur la famille. Pour en savoir davantage sur les travaux de la Dre Stajduhar, visitez le www.soignantfindevie.com.

 
 
Du 9 au 12 octobre 2012 19e Congrès international sur les soins palliatifs En savoir davantage >

 

fév
28
2013